IL PLEUT SUR MONTREAL, COMME IL PLEUT A KIGALI
A Montréal, on projete Un dimanche à Kigali. Une histoire d'amour sur fond de génocide. Le festival montre une bonne demi-douzaine de films tournés ou portant sur le Rwanda. Je suis contente de voir que le Rwanda, le génocide, les tentatives de comprendre et de raconter ne sont pas entérrées au fin fond de l'actualité média et cinéma. Peut être la culpabilité ? Ou la quête de la bonne histoire ? Ou le désarroi ? Il n'arrete pas de pleuvoir sur Montréal. Comme au Rwanda à la même période, avril. Mais ici il fait plus froid. Dans la salle, les questions sont timides. Hors de la salle, les contacts et les récits sont plus insistants. Comme si tout ça ne pouvait se faire qu'en intimité. Il est vrai qu'ici aussi les récits sont terribles. Lucie, jeune retraitée quebecquoise est entrain d'adopter une jeune rwandaise, maman d'une petite fille adorable. La petite fille est le fruit d'un viol collectif. Lucie est venue voir le film et me remercie de l'avoir fait. Je suis émue. Je m'assied. J'oublie le cinéma. Lucie me raconte les difficultés de vivre de sa fille adoptive, la difficulté d'instorer une relation de confiance. L'alcool festif et désespéré, les amours décousus - Comment vit-on une histoire d'amour après un viol collectif ?

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